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Histoire du Jardin Majorelle

Un peintre orientaliste, une palmeraie de quatre hectares, un bleu breveté et deux couturiers : comment le jardin Majorelle est devenu le lieu le plus visité de Marrakech.

Eden Voyages21 août 20263 min de lecture
Histoire du Jardin Majorelle

Un peintre, une palmeraie, un bleu

En 1923, le peintre orientaliste Jacques Majorelle décide de s'enraciner à Marrakech et achète quatre hectares de palmeraie en bordure de la médina. Le terrain est planté de peupliers — c'est ce qui donne à la propriété son nom d'origine, *Bou Saf Saf*, « les peupliers » en arabe.

La première maison construite là est de style mauresque, avec sa tour traditionnelle en pisé. Ce n'est qu'en 1931, après que Majorelle eut agrandi le terrain à près de quatre hectares supplémentaires, qu'il engage l'architecte français Paul Sinoir pour dessiner une villa-atelier dans le style art déco alors en vogue.

Le bleu Majorelle

Le bâtiment devenu depuis l'un des plus photographiés du Maroc — il abrite aujourd'hui le musée Berbère — était l'atelier du peintre. Sa couleur n'est pas un hasard : Majorelle met au point à partir de 1937 un bleu outremer intense, saturé, qu'il applique aux murs, aux jarres et aux pergolas, et qu'il finit par déposer sous son propre nom. Le bleu Majorelle est devenu depuis une référence chromatique en soi.

Le peintre passe près de quarante ans à composer son jardin comme un tableau : bambous, cactées et euphorbes rapportés des cinq continents, bassins, allées de terre battue ocre, nénuphars. Il l'ouvre au public en 1947 pour financer son entretien — une première à Marrakech.

Saint Laurent et Bergé

Après la mort de Majorelle en 1962, le jardin est laissé à l'abandon et menacé par un projet immobilier. Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, qui séjournent régulièrement à Marrakech depuis 1966, le rachètent en 1980 et entreprennent de le restaurer.

Ils rebaptisent la maison principale Villa Oasis et y vivent une partie de l'année. Elle restera une résidence privée jusqu'à la mort de Bergé, en 2017. Le jardin, lui, rouvre au public et ne cesse plus d'attirer du monde : c'est aujourd'hui le site le plus visité de Marrakech, devant les tombeaux saadiens et le palais de la Bahia.

Les cendres d'Yves Saint Laurent, mort en 2008, sont dispersées dans la roseraie du jardin ; un mémorial de marbre lui est dédié. Le musée Yves Saint Laurent Marrakech, bâtiment de brique et de terrazzo signé Studio KO, a ouvert à côté du jardin en octobre 2017.

Visiter aujourd'hui

Le jardin, le musée Berbère et le musée Yves Saint Laurent se visitent séparément ou en billet combiné. Deux conseils qui changent tout : réservez en ligne — la file d'attente à la billetterie dépasse régulièrement l'heure en haute saison — et venez à l'ouverture, avant que les allées ne se remplissent.

Comptez une heure pour le jardin seul, deux heures avec les musées. L'ensemble se trouve dans le quartier de Guéliz, à une vingtaine de minutes à pied de Jemaa el-Fna.

Autour du jardin

Majorelle n'est qu'une étape : notre guide complet de Marrakech détaille le reste de la ville, ses quartiers et ses excursions. Nos agences partenaires proposent des séjours et circuits au départ de Marrakech, et l'ensemble du catalogue national est sur la page voyage organisé au Maroc.

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